Récupération d'eau de pluie pour alimenter WC et lave-linge
L’essentiel en quelques mots :

Usages autorisés : WC, lave-linge, arrosage, nettoyage extérieur, remplissage piscine.

Usages interdits : Boisson, cuisine, douche (tout usage en contact avec la peau ou les aliments).

Législation stricte : Déclaration de travaux, séparation des réseaux, signalétique obligatoire.

Face à la hausse des prix de l’eau et aux préoccupations écologiques, la récupération d’eau de pluie séduit de plus en plus de foyers. Mais peut-on utiliser cette ressource gratuite pour tout et n’importe quoi dans sa maison, notamment pour les usages réputés les plus gourmands comme les WC et le lave-linge ? La réponse est oui, sous certaines conditions strictes.

La réglementation française encadre très précisément l’usage de l’eau de pluie récupérée pour éviter tout risque sanitaire. Le décret du 21 août 2008 et l’arrêté du 21 août 2008 sont les textes de référence.

La loi autorise l’utilisation de l’eau de pluie pour :

  • L’alimentation des chasses d’eau des WC.
  • Le lavage du linge, sous réserve d’un traitement de l’eau adapté (filtration et désinfection).
  • Le nettoyage des sols et l’entretien des véhicules.

Pour des raisons sanitaires évidentes, l’eau de pluie est interdite pour :

  • La boisson, la préparation des aliments.
  • Les douches, les bains, le lavage des mains.
  • Tout usage d’hygiène corporelle.

La conformité légale passe par une installation respectant des règles techniques incontournables.

C’est la règle d’or : le réseau d’eau de pluie et le réseau d’eau potable doivent être totalement indépendants et étanches l’un à l’autre. Il est formellement interdit qu’une canalisation d’eau de pluie puisse se connecter, même indirectement, à une canalisation d’eau potable. Un système de « point d’appoint » par l’eau du réseau public est possible, mais doit se faire via un dispositif de disconnexion certifié.

Pour le lavage du linge, l’eau de pluie doit subir une filtration fine (inférieure à 25 microns) et, idéalement, un traitement UV pour éliminer les bactéries, même si ce dernier n’est pas explicitement exigé par le décret pour le lave-linge, il est fortement recommandé pour protéger la machine et le linge.

Tous les robinets, tuyauteries et équipements alimentés par l’eau de pluie doivent être identifiés par un pictogramme clair indiquant « Eau non potable ».

  • Déclaration : Toute installation de récupération d’eau de pluie utilisée à l’intérieur de l’habitation doit être déclarée en mairie.
  • Entretien : Un carnet sanitaire doit être tenu, consignant les opérations de maintenance (nettoyage des filtres, des cuves, vérification des vannes) qui doivent être effectuées au moins une fois par an.
AvantagesInconvénients
Économies sur la facture d’eau.Coût initial élevé de l’installation.
Geste écologique fort.Maintenance régulière obligatoire.
Autonomie partielle vis-à-vis du réseau.Qualité de l’eau variable selon les pluies.
Réduction de la demande en eau potable.Contraintes réglementaires strictes.

Oui, depuis 2009, l’usage de l’eau de pluie à l’intérieur de l’habitation est assujetti à une redevance d’assainissement si votre logement est raccordé au tout-à-l’égout. Le volume est soit estimé forfaitairement, soit mesuré par un compteur spécifique.

Même avec les systèmes de filtration et de désinfection les plus avancés, la réglementation actuelle interdit formellement l’utilisation de l’eau de pluie pour la consommation humaine et la préparation des aliments en France. Le risque bactériologique ou chimique, bien que réduit, n’est pas nul.

Pour l’arrosage du jardin ou le nettoyage de la voiture, aucune restriction particulière n’est imposée, si ce n’est de ne pas utiliser d’eau de pluie récupérée sur une toiture contenant de l’amiante ou du plomb. L’eau ne doit pas non plus être en contact avec la peau.

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